Éric, mon cher ami, 

J'ai reçu ton livre ce matin et je me suis jeté dessus. Je t'avais dis ce que je pensais des Nouvelles pour l'été, la plume était presque trop généreuse, elle trahissait parfois un homme trop bon, un peu éloigné de ce que nous voyons chaque jour, la perversion  souvent méchante qui rôde autour de nous. Maintenant, je suis certain que ta part d'ombre existe aussi, et dois-je m'en réjouir, elle est très belle. 

Elle est sauvage et belle comme la silhouette d'Heather, insolente ta part d'ombre, maudite et flamboyante. Sur la photo ton sourire est très bon, mais il y a quelque chose d'autre qui débute, le premier pas de danse d'une certaine folie. J'ai adoré la silhouette insolente de cette jeune femme, ses fesses je les ai dévorées. J'ai regardé avidement Ronald et Heather s'étreindre sur les falaises au dessus de l'écume, en écoutant la voix profonde d'Enya. Voilà une scène terrible ! Vulgaire et juste comme ce "petit cul monticule". Ha ! ce que j'aurais eu envie de le prendre ce petit cul ! Là, Éric, tu es fort ! Tu es fort parce que tu es vrai. 

Voici un beau texte, brutal de bout en bout, plein de récifs coupants, de tempêtes, de ruines, de sang et de sensualité sauvage. Un texte qui accroche le ventre et déchire les pull-over des jeunes filles trop sages. Ta plume dans ces deux textes, la nouvelle et la pièce, est aussi pointue que des seins de jeunes filles, aussi arrogante. On s'y abîme le regard avec passion. On est donc beaucoup plus près de Macbeth et de Shakespeare. Tes étudiants doivent se régaler, vautrés dans la jalousie, le pouvoir, le sexe et le crime. 

Éric, tu as réussi à nous égarer entre la réalité si vivante, brutale de l'érotisme et les légendes lointaines des landes de la mer.

Lettre de René Frégni

(14/12/2005)

 

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