Ouest
France
(23
décembre 2005)
Professeur
de Lettres, Éric Bertrand vient de sortir une nouvelle pièce
Il
écrit pour ses élèves… acteurs
Professeur de
lettres au lycée Fulgence Bienvenüe, Éric Bertrand y anime aussi un
atelier d'expression artistique. Un atelier où les élèves deviennent
des acteurs. Sa nouvelle œuvre, Le Ceilidh, vient de
sortir. Rencontre avec un passionné de littérature et un metteur en scène
passionnant.
Un enseignant motivé, Éric Bertrand l'est. Ça fait huit ans qu'il
s'occupe de l'atelier d'expression artistique, du lycée Fulgence Bienvenüe,
en plus de donner des cours de lettres modernes. Le théâtre, c'est son
univers, un peu un mode de vie. « Jouer du théâtre est une grande
source d'ouverture vers la culture, l'étranger et l'esprit critique.
Jouer, c'est une exaltation permanente », raconte-t-il, enjoué. Cette
passion vivante, il l'a communiqué à ses élèves.
«
Huit lycéens participent à l'atelier cette année. Certains adolescents
n'osent pas monter sur les planches car ils sont timides et pudiques. Mais
pour ceux qui osent, c'est une révélation totale. Ils s'approprient très
vite les rôles et s'y investissent au maximum». À tel point que ces
apprentis comédiens sont devenus les meilleurs juges des talents d'écriture
de leur prof. Car Éric Bertrand est aussi un dramaturge. En fait, il
compose ses pièces pour qu’elles soient jouées dans son atelier.
Presque du sur-mesure. Comme la dernière qu'il vient de publier : Le
Ceilidh « Une tragédie ». La particularité de cet ouvrage
est le style, explique l'auteur. En effet, la pièce de théâtre se
conjugue à un récit. « La pièce raconte une histoire et le récit la pérennise.
Par l'écriture, on approfondit l'atmosphère, l'attitude et les relations
des personnages ».
L'histoire
? « Le personnage principal Ronald Mac Donald est un metteur en scène
diabolique qui se sert d'une pièce qu'il écrit pour se débarrasser des
gens qui le gênent, afin de servir sa propre ambition personnelle », résume
le féru de Shakespeare. Meurtres, sorcières, ruines maléfiques... sont
les ingrédients de cette nouvelle dont le décor se situe dans les
paysages écossais. « Une histoire immorale qui devrait plaire aux jeunes
».
Le
Ceilidh est un mot gaélique signifiant fest-noz, un lieu où on danse
traditionnellement, où il y a des musiciens. C'est aussi le lieu d'action
de la pièce. Le plus étonnant est qu'on se rapproche progressivement de
la réalité. Pour la deuxième année, les musiciens du Moulin à sons «
seront en live sur scène lors des représentations. Ils apportent quelque
chose de différent et on joue avec leur présence». Une mise en scène
de qualité qu'il vous sera possible de découvrir au printemps prochain
si vous êtes patient. Sinon, il vous reste la lecture…
Soizic QUERO